Non Mme Badinter, vous ne pouvez pas condamner des françaises à l’exil parce qu’elles ont fait le choix de la burqa !

Publié le par Peuples Unis

burqaJe commence cet article inspiré par les arguments développés par Élisabeth Badinter dans une adresse aux françaises ayant choisies de porter volontairement la burqa en disant très clairement que je ne considère pas que je doive être pour ou contre la burqa et que cette critique que je me permets, même si elle essaie de déconstruire les arguments « contre », développés par la philosophe féministe. Il me semble qu’il y a une certaine exigence que nous devons à la vérité et à la rigueur intellectuelle à laquelle elle nous avait habitués.

Le mépris exprimé par des personnalités influentes de l’intelligentsia française sur l’affaire de la burqa est tout simplement rétrograde, même si elle prétend s’insurger contre une attitude rétrograde. Elle est aussi d’une intolérance insidieuse quand elle prétend s’insurger contre l’intolérance religieuse, dans un pays qui prétend être à l’avant-garde des combats pour les droits de l’Homme. Dans le cas qui nous occupe, la présomption d’innocence est mise en épochè et tout le monde a trouvé cela normal et beaucoup d’entre nous se sont rendu complice de ces admirables hommes politiques et intellectuels français qui ont condamné sans d’autres formes de procès la liberté de certains d’entre nous de se vêtir à leur guise sans être mis dans le même sac panier que des voyous cagoulés. Et, le pire c’est que cette condamnation est radicale, sans appel et sans compromis possible.

Il me semble important de rappeler certains faits historiques : la stigmatisation a précédé le massacre de la Saint-Barthélemy, la stigmatisation a précédé le massacre des juifs partout en Europe et la stigmatisation précédera le pire pour toutes ces femmes en burqa ainsi que tous les musulmans et musulmanes qui ne pratiqueront pas l’Islam « dé-islamisé » tel qu’une certaine France a décidé qu’il se pratiquerait sur son territoire.

Aujourd’hui encore, force est de constater que les arguments qui étaient très en vogue entre le 18e et le début du 20e siècle et qui ont justifié les « missions civilisatrices » de la France en Afrique sont, mutatis mutandis, les mêmes mis en avant par Mme Badinter notamment pour justifier l’interdiction de la burqa en France et pourquoi pas dans le monde. C’est le début de l’impérialisme moral. Cette façon que nous avons en France de désubstantialiser l’autre afin de mieux l’asservir, l’aliéner ou lui imposer notre propre volonté. Cette façon que nous avons de renier aux autres l’humanité qui les caractérise fondamentalement et dont la Raison constitue l’élément essentiel et sine qua non. N’est-ce pas le plus cartésien des cartésiens, j’ai nommé René Descartes lui-même, qui disait que « la raison est la chose la mieux partagée » (Cf. Le Discours de la méthode pour bien conduire sa raison). Alors, pourquoi certains veulent-ils s’arroger la suprématie de Leur Raison  sur celle des autres ? Étant entendu que sur une question telle que celle de la burqa, l’émotion semble avoir pris le dessus sur la raison comme c’est souvent le cas et la plupart des gens supposés bien pensants ont préféré perdre du temps comme je suis en train de le faire maintenant, mais pas pour les mêmes raisons évidemment, à essayer d’entraver la liberté de 400 femmes ou 2000 sur une population d’environ 65 millions d’individus et à vouloir justifier cette entrave par le fanatisme républicain ou le fanatisme démocratique ou encore par la victimisation évoquant la peur, supposée par Mme Badinter, des enfants devant ses femmes dont certaines sont mères et vont quotidiennement chercher leurs enfants à l’école. Sornettes ! En tout état de cause, ce n’est pas une image de français terrifiés que nous a montrée France 2 lors d’un de ses nombreux reportages sur ces femmes. Mais bien sûr l’argument bateau et ridicule de la peur est bien celui préféré des racistes et des islamophobes qui essaient de justifier l’injustifiable par l’ineptie qui consiste à considérer que 64.888.000 de français sont terrorisés par 2000 femmes en burqa avec pour seule arme un voile. Il est quand même extraordinaire le pouvoir de cette tunique ! C’est peut-être là que les français soi-disant terrifiés ont décidé de faire changer la peur de camp. Mais, qui est assez dupe pour croire l’argument selon lequel la burqa n’a rien à voir avec l’Islam. Tout le monde a cru bon de citer les autorités religieuses musulmanes françaises afin de s’absoudre de tout soupçon d’islamophobie avant de se permettre des attaques en règle contre ses femmes dont on refuse d’entendre les voix, y compris la commission parlementaire dirigée par l’honorable président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, ces voix qui se perdent dans la mêlée et qui ne sont ni afghanes, ni saoudiennes, mais bien française, née en France, de parents français et éduquées en France. Autrement dit, nous ne nous attaquons pas aux croyances des uns et des autres, parce qu’au nom d’une certaine laïcité nous les respectons, mais nous pouvons nous attaquer aux traditions étrangères qu’on peut qualifier de barbare et indigne du moindre respect. Où sont donc passées les leçons du très regretté Lévi-Strauss sur la relativité culturelle ? Comme par hasard, la burqa n’est pas islamique, mais il n’y a que dans des pays de confession majoritairement musulmane qu’elle se porte. Nietzsche dirait qu’on essaie ici, à l’image des agneaux face aux aigles, de séparer l’effet de la cause afin de se donner le droit de demander des comptes (Cf. Généalogie de la morale). Quoi qu’il en soit, islamique ou pas, elle correspond bien à une certaine interprétation ou une certaine compréhension que certains ont de l’Islam (je ne discute pas de la respectabilité on  non de ces interprétations). Alors, comment pourrait-elle ne pas être islamique, d’une manière ou d’une autre ?

L’autre argument de Mme Badinter consiste à dire que ces femmes nous snobent et nous considèrent comme impurs à leurs yeux. Et pourtant, ce n’est pas nous qu’elle voile, mais bien elle-même. Elle ne nous accuse de rien, mais nous si… On veut qu’elle nous découvre un peu plus de lèvres, un peu plus de cheveux et même un peu plus de seins, pourquoi pas, afin de soulager notre mauvaise conscience ou notre désir de croire que nous sommes tous pareils. Ce que nous tentons d’infliger aux minorités en France est pire que le communisme vestimentaire de Mao. Là-bas au moins il n’y avait pas cette hypocrisie ambiante, la chose était dite et chacun savait à quoi s’en tenir et ce n’était contre personne. De toute façon, il n’est pas absurde dans les conditions actuelles en France de parler de totalitarisme démocratique et d’extrémisme « républicaniste » et « laïciste ».

Quant à l’argument du sourire des français méprisés par ces femmes en burqa, je crois que Mme Badinter s’est trompée d’époque et qu’elle ne fréquente plus les rues parisiennes depuis très longtemps, parce que malgré toute sa notoriété, je la défie de décrocher un sourire de la part de n’importe quel inconnu dans les artères parisiennes ou alors simplement la réponse à un gentil petit « bonjour » adressé à n’importe quel passant ou passager dans les transports publics, si elle les fréquente encore. Je trouve cela vraiment lamentable d’inventer subitement un français souriant et super-sociable pour discréditer les femmes en burqa et les inciter à faire comme tout le monde quand elles n’en ont manifestement pas envie et l’ont clamé haut et fort. Et pourtant, la différence des homosexuels ne fait pas l’objet de la même levée de bouclier, on cherche même à former les enfants afin de leur faire accepter leur différence, leur choix de vie… Et pourtant, on continue à dénuder les femmes afin de vendre tout et n’importe quoi à travers la publicité et autre, en en faisant ainsi ni plus ni moins que des objets à côté d’autres objets proposés au consommateur…

Au début de cette affaire évoquée par un élu « scandalisé », ou dégoûté serait plus juste, par l’image d’une femme en burqa suivant un « barbu »  qui en quelque sorte la traînait derrière lui, on croyait se faire envahir par des femmes étrangères, aujourd’hui on s’aperçoit qu’elles sont bien de chez nous. Et, Mme Badinter leur propose calmement d’aller vivre en Afghanistan ou en Arabie Saoudite, où les femmes ne sont ni libres ni heureuses, si elles s’obstinent à ne pas ôter leur voile au nom de la transparence et de l’égalité des sexes que l’on tente d’instaurer en France, selon les mots de Mme Badinter. J’ai rarement entendu un discours aussi violent de la part d’une femme intellectuelle féministe à l’endroit d’autres femmes qui ne partagent simplement pas son point de vue sur leur propre condition. Franchement, Mme Badinter, qu’est-ce que le fait de se mettre en robe, en jupe ou en pantalon a à voir avec la question axiomatique ou juridico-sociale, voire philosophique de l’égalité entre les sexes. Est-ce à dire que pour que les femmes soient égalent aux hommes, il faudrait qu’elles s’habillent comme eux ? Je suis sûr que ce n’est pas le fond de la pensée de Mme Badinter, même si c’est ce que ses propos donnent littéralement à comprendre. Cette cacophonie argumentative autour de la question de la burqa de la part d’une intellectuelle connue et reconnue partout à travers le monde montre bien le caractère improbable de ce vrai  faux débat qui libère la parole haineuse banalisée d’un certain nombre de français.

Bien entendu, la question qui est posée n’est pas celle du bonheur de ces désormais malheureuses femmes auxquelles les adeptes de la première religion de France, la « Républicologie » ont décidé de s’intéresser et de faire disparaître de leur horizon visuel le plus naturellement du monde.  En effet, on ne peut pas faire le bonheur d’une personne quelle qu’elle soit à sa place. Si on voulait trouver de vraies solutions pour ces femmes accusées à la fois d’être soumises aux hommes et de nous mépriser, il aurait fallu s’y prendre autrement, notamment en favorisant le dialogue avec elle et en essayant de comprendre les raisons profondes de leur choix qui s’inscrit bien dans une démarche religieuse comme le retrait d’un moine dans un monastère peut s’inscrire dans une démarche de purification, d’ascèse ou de méditation. En tout cas, tout ce qu’on a réussi à créer, c’est plus de stigmatisation et plus de haine à l’encontre de personnes humaines qui ne s’habillent pas comme nous. Mais, nous savons que c’est loin de n’être que cela, puisque les bouddhistes ou les Écossais habillés en tenues traditionnelles ne nous inspirent pas la même violence ni le même dégoût.

C’est alors que l’on apprend au journal de 13 h de France 2 du mardi 26 janvier 2010 l’existence d’un Observatoire du religieux hébergé par l’IEP d’Aix en Provence et qui a beaucoup travaillé sur les questions touchant l’Islam en France et en Europe. Pourquoi personne ne veut entendre le directeur de cet Observatoire, dirigé par M. Raphael Liogier, qui juge cette loi, si elle est votée, contre-productif et productrice de réclusion involontaire de ces femmes chez elles et d’exclusion de fait de ces mêmes femmes incriminées condamnées à rester chez elle et à vivre hors de la société, des métros, des bus et des services publics. En outre, selon M. Lioger, ces femmes n’appartiennent à aucun réseau quel qu’il soit et ne cherchent pas à nous faire adhérer à leurs croyances. Du coup pour celles d’entre elles qui en auront les moyens, on les invite prestement à se tourner vers  les taxis ou leur propre voiture si elles en ont et à dépendre davantage de leurs maris qui selon nous « les briment et les maintiennent dans un état de soumission », que nous avons estimé intolérable, ou encore à resserrer les liens de ce que nous avons décidé d’être leur propre communauté de femmes en burqa. Comble du paradoxe, pour soi-disant libérer ses femmes nous les avons ferrées davantage à leurs bourreaux supposés qui eux, par contre, peuvent encore prendre les bus et se rendre dans les lieux publics. Franchement, ne sommes-nous pas en train de nous tromper de cible ? Ce qui est sûr, c’est que les procurations pour que les femmes en burqa se fassent représenter par des hommes vont connaître une montée fulgurante et celles que l’on a choisi débilement d’exclure de la société parce qu’elles ont choisi de ne par être comme nous et de ne pas avoir les mêmes convictions que nous, eh bien elles vivront par procuration dans une société qui s’est distinguée en Europe par l’intolérance et le racisme, même s’il ne faut pas oublier l’Italie et la Suisse qui ont essayé de ravir la vedette à la France en la matière depuis la Loi contre le voile, appelée hypocritement Loi contre les signes religieux dans les lieux publics, même si celles-ci rivalisent d’imagination et d’inspiration. Faut-il vraiment que nous continuions à confier le destin des minorités à l’appréciation exclusive d’une majorité qui peut facilement se transformer en bourreau en instrumentalisant la démocratie dont Platon disait que c’est le pire des régimes politiques. En effet, en démocratie, malheureusement les voix se comptent, mais ne se pèsent pas. Par conséquent, à instrumentaliser avec beaucoup de modération. N’est-ce pas ? Mais, l’impérialisme moral se déploie sous nos yeux dans toute sa splendeur, dans toute sa condescendance, dans toute son insolence et dans toute sa violence sans manquer de prétention.

Et pourtant, les raisons de se scandaliser ou de s’engager et de combattre pour des millions d’êtres humains français ou pas, mais principalement sur des questions où les français à travers leur gouvernants ou leurs entreprises publiques et/ou privées sont concernés au premier plan, ces raisons, dis-je, ne manquent pas en France. Que ce soit le problème du dernier pays ouvertement colonisateur de la planète dont les exactions sur le peuple palestinien ne sont plus à prouver, les discriminations, le racisme, l’exploitation honteuse des forêts en Afrique et dans les autres pays tropicaux du tiers monde, les conditions d’exploitation de l’uranium au Niger, du pétrole au Gabon, au Congo et dans bien d’autres pays, les coups d’États fomentés depuis la France à un très haut niveau contre les chefs d’Etats considérés comme récalcitrants, le problème de l’égalité entre hommes et femmes au travail et en terme de rémunération et de nomination, celui des femmes et des hommes victimes de violence, la question du chômage, le problème des SDF ainsi que celui des « mal logés », et j’en passe… Précisons au passage que chacune de ces questions concerne plusieurs millions de personnes, contrairement au faux problème de la burqa que la plupart des français n’auront l’occasion de voir qu’à la télé ou au cinéma et qui aura atteint l’objectif de faire diversion en nous détournant des questions essentiels pour chacun de nous. Que d’obscurantisme malgré tant de lumières ! Que de mauvaise foi avec tant de foi ! On a beau être philosophe, fortuné, grand savant, on ne fera jamais le bonheur des gens à leur place. Mais, bien entendu dans le cas d’espèce ce n’est pas le but visé, nous voulons faire notre propre bonheur contre celui d’autres gens que nous n’aimons pas et ce n’est pas sûr que nous soyons plus heureux que nous ne l’étions déjà si nous l’avons jamais été. L’interdiction du voile n’a pas suffit, celui de la burqa ne suffira pas et après la burqa pourquoi pas les minarets voire les moquées ? Enfin, à quand l’interdiction pure et simple de la musulmane et du musulman en France puisqu’à force de séparer les effets de leurs causes, on finit bien par éradiquer l’être lui-même ?

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Jaime-Alberto PEREZ 27/12/2010 02:02


Cher Tierno,
Mon bonjour mes voeux pour 2011.
On a marché pour lapre:ière fois en Frence à Grenoble pour l'égalité des droits civiques.
Il y a un film sur le CCREG (Conseil consutatif des Résidents Etrangers Grenoblois 10 ans en Marche vers l'Egalité sur youtube)
Amitiés
Jaime


Episteme. 16/10/2010 11:07


Peuples Unis,

Je pense que finalement, au delà des formulations outrageantes de part et d'autres nous sommes relativement d'accord. Je suis particulièrement d'accord avec votre dernière phrase.

Comment expliquer les différences d'appréhension du réel ?
Par nos vécus respectifs. J'ai longtemps vécu dans le Sud-est de la France et y ai travaillé dans le commerce. La majeure partie des personnes qui commettaient des actes d'incivilités étaient
d'origine maghrébine. Pour nombre de commerçants, un ras le bol général s'installait et d'une collection de cas particuliers on passait très vite à une généralisation abusive. La défiance vis à vis
des maghrébins est pour certains générale.
J'ai ainsi un jour entendu ma mère se dire raciste, excédée par les incivilités répétées de la part des mêmes personnes (et entre les vols, les insultes et les agressions divers et variées, y'a de
quoi être excédé). A contrario, elle a été choquée lorsque je lui ai raconté qu'au travail, à un intérimaire qui faisait son travail un de ses collègues lui reproche de faire "du travail d'arabe".
Cet intérimaire est d'origine marocaine. Il fait ce qui lui ait demandé de faire et à un comportement respectueux d'autrui. Emettre ce type d'appréciation négative, au demeurant très courante en
France, c'est profondément raciste. Là, une véritable révolution des mentalités est nécessaire. Comme quoi les faits sont toujours plus complexe qu'il n'y parait. Et j'ai ainsi pu expliquer à ma
mère que non, elle n'était pas raciste mais généralisait trop à partir de son expérience personnelle.

A partir de ces deux cas, on peut voir tout le chemin qu'il reste à parcourir. Comment une personne d'origine étrangère peut-elle s'intégrer dès lors qu'il lui est jeté à la figure des phrases
méprisantes et dévalorisantes comme si ces personnes devaient faire preuve d'une plus grande excellence que le Français dit de souche.

Mais a contrario, il ne faut pas tomber dans l'excès inverse, celui de condamner sur la foi d'un témoignage, de voir du racisme partout. J'en viens à penser que si un jour j'envoie chier un con, si
par malheur il est d'origine africaine, je me ferai taxer de raciste. Et ce que je reproche par exemple à Rue89 est son parti pris qu'au demeurant ils assument. Pour eux, avoir osé critiquer
l'article de Chloé Leprince sur l'ophtalmologiste d'Aix accusé d'injure raciste, c'est in fine appartenir à la fachosphère...

Au final, comment améliorer le sort des uns, sans pointer systématiquement du doigt les autres ? En se fondant sur des faits. Rue89 est à mon sens trop partial pour permettre à une société plus
juste d'advenir. Pire, ce type d'organe de presse participe de la radicalisation du discours politique en laissant entendre que le Français dit de souche (en réalité, celui dont aussi loin que
remonte son arbre généalogique, sa famille a toujours vécu en France) n'est qu'un raciste. Si cela n'est pas une stigmatisation, je me demande bien ce que c'est !


Episteme 10/10/2010 10:14


Peuples Unis, je constate que la présomption d'innocence ne s'applique pas en cas d'accusation de racisme comme cela est le cas pour cet ohptalmologiste d'Aix en Provence désigné coupable et livré
en pâture à la vindicte populaire avant toute enquête.

A l'heure actuelle, les faits semblent de plus en plus penchés dans le sens du médecin.Vous avez participé à cela.

J'ose espérer que ce n'est pas au nom d'une haute conception de l'idée de justice que vous vous ingéniez à bafouer à longueur de messages. Si au moins vous pouviez vous élever contre toutes les
formes d'injustices et pas uniquement certaines...


Peuples Unis 15/10/2010 17:31



Episteme, vous devriez savoir qu'en matière de racisme les preuves que l'on exige souvent de la part des victimes sont presque impossibles à obtenir. Mais, une enquête sérieuse peut révéler dans
le passé des protagonistes la qualité de leur bonne foi. Malheureusement en France, le racisme est devenu un exercice quotidien banalisé par la plupart des gens. Rappelez-vous les propos de Brice
Hortefeux à l'endroit des arabes. N'eut été la vidéo prise de cet échange avec ce jeune arabe, qui ne s'en était pas ému plus que ça, aucun tribunal sérieux n'aurait pu juger l'affaire sur la
base d'une plainte "version de la victime" contre "version du coupable". Je ne comprend pas votre promptitude à vouloir disculpé une victime prétendu de racisme sur la base de la dénégation de
celui qu'il accuse d'avoir tenu ces propos. Vous attendiez-vous vraiment que le médecin avoue? Brice Hortefeux a-t-il avoué même après la remise en cause de sa bonne foi par le tribunal? 


Personnellement je ne fais pas confiance ni à la police ni à la gendarmerie françaises pour instruire de plainte de ce type parce que de l'aveu d'un ami gendarme que je rencontrais souvent au
dojo, la police et la gendarmerie française sont des niches à racistes. Je vous invite à lire les articles suivants: http://www.lepost.fr/article/2010/10/13/2264039_football-racisme-et-injustice.html & http://www.20minutes.fr/article/608427/societe-sihem-souid-le-racisme-bien-ancre-police .


En 2008 le Nouvel Observateur révélait qu'environ 30% des français se disaient racistes, rajoutez à cela ceux qui le sont et qui ne le disent pas et ceux qui le sont et qui n'ose pas se l'avouer
et dites-vous que cette proportion de racistes réunie dans la population est beaucoup plus importante dans la police et la gendarmerie ou le racisme, le sexisme et l'homophobie sont légion. 


J'apprécie votre promptitude à plus faire confiance à un raciste présumé qu'à une victime de racisme présumé, mais si vous aviez été noir ou arabe en France vous auriez peut-être mieux compris
que ces gens-là n'ont aucun intérêt à plaisanter avec ce genre d'accusation parce que ça les desservirait et ça nuirait à leur cause. Mais, je vous concède la possibilité d'une accusation abusive
de la part de n'importe quel individu qui serait en position de vouloir se venger de la sorte. Mais, comment un médecin en retard peut-il se permettre de répondre autre chose à ses clients si ce
n'est de leur présenter ses plus plates excuses et de procéder à la consultation pour laquelle il est payé? Ou alors, le fait que le client soit arabe ou noir devrait-il changer les règles de
courtoisie du médecin en agressivité? Les crimes racistes ne sont pas comparables aux autres crimes et vouloir les traiter avec efficacité c'est confier les enquêtes à des organisations au-dessus
de tout soupçon ou les associer dans les processus d'enquête... Ou peut-être avez-vous une meilleure idée. A moins que cela ne vous choque pas du tout qu'un blanc qui n'est pas responsable de la
couleur de sa peau ni de son lieu de naissance et qui n'a pas choisi ses parents puissent reprocher à quelqu'un d'autre ce qu'il ne lui viendrait pas à l'esprit de se reprocher à lui-même ni aux
siens?


En ce qui me concerne je considère que le racisme a été à l'origine de l'esclavage, de la colonisation, de l'extermination des juifs en Europe et de beaucoup de génocides à travers le monde, à ce
titre le raciste est un génocidaire en puissance qu'il faut combattre si son racisme est avéré. Mais, la meilleure façon de les combattre c'est d'introduire dans le système éducatif français et
du monde des programmes qui permettent d'informer et de sensibiliser tout le monde à l'horreur qui sous-tend  le sentiment raciste qui n'est pas une simple opinion et dont la violence
dépasse l'imagination. Je ne connais rien de plus irrationnel, malgré les tentatives d'explication et de justification des philosophes ou des psychologues, ça reste une haine viscérale de l'autre
du simple fait de sa différence de pigmentation.


Tous les Humains sont libres et égaux, il faut le dire haut et fort, mais il faut surtout exiger que cela ne soit qu'une déclaration d'intention ou de marketing républicain en France.



passage 07/10/2010 16:28


Si, pour moi la loi est aussi le sujet puisque cette lettre s’adresse aux Français et non pas aux seules musulmanes qui ont choisi de porter la burqa.

Babette utilise la technique de communication en boule de billard. Elle fait semblant de s’adresser à une catégorie de personnes en faisant en sorte que nous prenions en compte son point de vue
sans qu’elle prenne le risque de se faire huer.

Ce serait moins vendeur si elle écrivait directement aux Français :

« Voyez ces femmes qui choisissent de porter la burqa ! Elles se soumettent aux hommes, elles nous méprisent, nous provoquent ou sont ignorantes !
Alors, soit elles se déshabillent, soit elles repartent dans leurs pays se faire violer !Ici, elles mettent la démocratie en danger ! Je n’en veux pas sous mes yeux !»

Là, une fois que l'idée de la loi a été lancée, elle tente d’humilier ces femmes en détournant le sens des valeurs pour qu’elles servent sa seule cause. L’usage du « nous » m’est insupportable. Je
me dissocie de ce discours dans lequel, moi, citoyenne française, ne me retrouve pas. Elle associe les Français dans sa cause. Elle prépare les esprits rustiques à accepter et même à revendiquer la
loi.

Et puisque le sujet porte sur celles qui ont choisi de porter la burqa volontairement, il est en effet question de croyances et de valeurs. Il semble que dans votre esprit ce ne soit pas un signe
de tolérance religieuse…
La tolérance religieuse n’est pas d’aller contre ses pratiques religieuses, ses croyances, pour épouser celles de la majorité dans un endroit donné. La tolérance religieuse, c’est vivre ses
croyances en accord avec ses valeurs à côté de ceux qui en ont de différentes sans chercher à imposer les siennes. Liberté de pratique, égalité de droits… Ces deux valeurs me sont chères. Même si
j'ai du mal à admettre qu'on puisse croire en Dieu...

Si, il est question d’adopter notre mode de vie. Jusqu'à suivre celui de notre première dame de France toujours à poil sur le net ?
Sachez que lorsque j’ai élevé mes enfants, j’ai eu la chance d’avoir pour amie une de ces femmes et en la voyant fonctionner avec ses enfants, il m’est souvent arrivé de la modéliser et avec
succès. De plus, cette femme s’exprime dans un Français bien meilleur que la majorité des Français et sa mère est pourtant analphabète.

Comment peut-on imaginer qu’un étranger souhaitant la nationalité française n’ait pas le désir d’apprendre la langue ? C'est encore de l'esbroufe, c'est pondre une loi pour rien puisque les
étrangers ne l'attendent pas. Il dépend de leur survie d'apprendre le Français pour vivre en France...

Que certains aient des difficultés parfois oui. Et dans ce cas, il faut voir comment les croqueurs de Kinder prennent le relais avec les papiers etc…

Pourquoi Babette est-elle incapable d’aborder le sujet avec le parti pris de la paix ? Tant de mépris, tant de suffisance. Au fond... On a tous le besoin de vivre en paix. Quel dessein sert cette
bonne femme sur-médiatisée ?


Peuples Unis 07/10/2010 18:28



Ce que vous dites me paraît tellement évident que j'ai du mal à comprendre l'aveuglement haineux et l'entêtement dogmatique de ce/cette contradicteur/trice qui se fait appeler pompeusement
Episteme... Personnellement, j'adhère totalement à l'engagement qu'on prête à Voltaire pour la liberté quand il disait : "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai
jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire." Il faut reconnaître que la France est à des années lumières des "Lumières". La période des Croisades et des Jihad est définitivement
révolue, alors que l'on arrête d'instrumentaliser la République, la Laïcité ou la Liberté pour justifier toute sorte d'ignominies, de discriminations, de stigmatisations et de violences
physiques, morales et psychologiques à l'égard des minorités où qu'elles soient! On ne peut pas tout accepter Episteme, c'est sûr et je puis être d'accord avec cela sous certaines conditions qui
restent à définir. Mais, en vérité, qui nous demande d'accepter quoi que ce soit contre notre gré? Ce qui est sûr et certain, c'est ces femmes n'ont rien demandé à personne et elle ne font pas de
prosélytisme. Tout ce quelle veulent et que vous refusez de leur donner, c'est la paix! De quel côté croyez-vous que se situe la terreur actuellement en France? Pensez-vous sérieusement à moins
d'être un colonisateur invétéré et sans vergogne que l'on peut choisir de vivre dans un pays étranger sans chercher à communiquer avec sa nouvelle société d'accueil, à moins d'être poussé
fatalement vers le communautarisme par la société d'accueil? Même les communistes n'ont pas réussi ce que vous préconisez, alors vous avez de quoi vous faire de la bile pour le reste de votre vie
et pour les générations à venir aussi...



Episteme. 06/10/2010 15:46


On va y arriver. C'est pas gagné, mais je suis un grand optimiste :D

Sur la loi, qui n'était pas le sujet d'Elisabeth Badinter mais que les uns et les autres vous vous obstinez à ramener sur le devant de la scène : c'est évident que condamner une femme qui n'est pas
libre de ses choix ne fait que rajouter à l'injustice de sa situation. Pour cette seule raison, ce type de loi est inique.

Mais le sujet porte sur celles qui ont volontairement choisi de porter la burqa avec tout un système de valeurs qui s'y rattache. Croyez-vous que ce soit un signe de tolérance religieuse ? A moins
d'être atteint de cécité, je vois mal comment on ne peut pas qualifier le port de la burqa de rétrograde et d'opposé aux valeurs de liberté, d'égalité pour ne prendre que deux valeurs souvent mises
en exergue en Occident.

Il n'est pas question de les forcer à adopter notre mode de vie, mais si elles veulent vivre sous nos latitudes, il faut bien qu'elles se conforme un minimum aux règles de vie qui ont cours ici. Il
en va de même pour un étranger qui veut prendre la nationalité française. Si on lui demande d'apprendre la langue du pays, j'espère que vous n'y voyez pas une violence et une intolérance
inacceptable ? Si il refuse d'apprendre la langue ou qu'il n'y arrive pas, devons-nous parler de stigmatisation ?